jeudi 17 janvier 2019

News écolos N°67




News écolos N°67 (Janvier 2019)


Ce billet régulier pour objectif de partager les actualités et les informations glanées au gré de mes recherches sur la toile autour des sujets des énergies renouvelables, de l'environnement, ...

Stockage

Enfin une étude indépendante (Bloomberg Nef) sur les coûts du stockage électrique au moment où le marché s'ouvre et se dynamise. Entre 2010 et 2018, les prix ont chuté de 79% (batteries Ion-Lithium) pour se situer actuellement à 209 $/ kWh, et devraient encore baisser de 75% entre 2018 et 2030. C'est très encourageant.

Une start-up française vient d'inventer un liquide capable de stocker 7 fois plus d'hydrogène que sous forme gazeuse et cerise sur le gâteau, ce stockage rend l'hydrogène stable. Donc envolés les risques d'explosions. Cette technologie en est à un stade préindustriel. C'est avec ce genre de technologies de rupture que l'hydrogène va pouvoir enfin remplacer le pétrole et ses dérivés.

Pétrole

Le Venezuela a les plus grandes réserves pétrolières au monde, mais la production ne cesse de chuter. Elle n'a jamais été aussi basse depuis 1990. Or c'est aussi le pétrole qui permet les investissements nécessaires à produire plus de pétrole. Le pays est donc entré dans un cercle vicieux qui ne peut qu'alarmer ce marché si susceptible.

Éolien

Une fois n'est pas coutume, c'est un lien vers une vidéo que je référence ici. Une mini éolienne conçue spécifiquement pour la ville, le concept est génial. Il a même été récompensé par un Dyson Award. J'en avais déjà parlé, mais la vidéo (en anglais sous-titré d'une minute) vaut mieux que tous les discours Je suis convaincu que d'ici peu, nous en aurons tous une, ou sa petite sœur, ou sa cousine.

Solaire

La bonne dynamique du photovoltaïque se confirme, mois après mois. 2,3% de l'électricité est maintenant solaire, en hausse de 12%. Mieux, la liste des projets en file d'attente grossit elle aussi. Or on le sait, plus il y a d'installations photovoltaïques, plus le prix baisse, etc.

Les rendements aussi sont en hausse. Le CEA a réussi à obtenir un rendement de 24%, un record, et pas en laboratoire mais en sortie de ligne de production pilote. Actuellement, les rendements maximums sont de 19%, donc 24%, c'est un quart en plus, cela n'est absolument pas négligeable.

EnR dans le monde

Le Cameroun a fourni en 2018 de l'électricité à 166 localités qui en étaient jusque là dépourvues. Maintenant 184 nouvelles communes sont ciblées. L'électrification progresse, et ce grâce au solaire... et aux chinois aussi...

35% de l'électricité marocaine est dorénavant renouvelable. 3 GW de capacité ont été installés, 10 GW sont en projet, de quoi réduire encore la dépendance énergétique. Cette dernière est passée de 98% ( !!), il y a 10 ans à 93% actuellement, malgré l'augmentation annuelle de 4% de la demande énergétique.

Aimez, Partagez, Commentez

vendredi 11 janvier 2019

News écolos N°66




News écolos N°66 (Janvier 2019)


Ce billet régulier pour objectif de partager les actualités et les informations glanées au gré de mes recherches sur la toile autour des sujets des énergies renouvelables, de l'environnement, ...

Houlomoteur

Un prototype de système houlomoteur a été testé à La Rochelle avant de couler... Mais une autre entreprise vient de mettre à l'eau un autre concept pour être testé près du Croisic. La technologie houlomotrice est balbutiante, certes, mais le potentiel est énorme. Cela prendra peut-être encore un peu de temps avant de voir émerger une filière industrielle mûre, mais ces premières expérimentations sont importantes.

Méthanisation

Des feuilles mortes dans une unité de méthanisation, bonne idée qu'ils ont eue à Amiens. Il n'y a là aucune concurrence avec un usage alimentaire.

Solaire

C'est en France que se construit la plus grande centrale solaire flottante d'Europe, dans le Vaucluse. Je le répète, beaucoup de surfaces de plans d'eau inexploitées sont disponibles.

L'institut photovoltaïque d’Île de France a inauguré ses nouveaux locaux en cette fin 2018. La France fait bien de miser sur la recherche dans le solaire. L'institut a un objectif clair : le 30 / 30 /30 : 30 % de rendements à 30 centimes de dollars en 2030. La cible est belle. Et comme le rappelle cet autre article du CNRS sur le même sujet, le coût du photovoltaïque a été divisé par 1000 sur les 30 dernières années !!! Il atteint maintenant moins de 20 € / MWh dans les endroits les plus favorables. La France est en pointe sur certaines techniques dites de rupture qui pourraient se rapprocher du maximum de rendement estimé (85% !!!), pour rappel, on est aux alentours de 20% actuellement.

De plus en plus de villageois égyptiens misent sur des chauffe-eau solaires, quoi de plus évident ? Et pourtant, cela n'est pas encore généralisé malgré l'ensoleillement dont bénéficie le pays des pharaons.

Vichy a pour ambition d'être autonome en énergie d'ici à 2050. Ils étudient tous les endroits où ils peuvent placer des ombrières sur des parkings, sur des toits privés, au sol, ou bien sur des équipements publics  Les projets solaires sont très nombreux dans l'agglomération. 

EnR dans le monde

L'Inde a multiplié sa capacité solaire installée par 10 en 4 ans, et compte bien la multiplier encore par 5 dans les 4 années à venir. Cela attire nécessairement les investisseurs.

Quand un ministre algérien demande la généralisation des équipements solaires pour les nouveaux établissements éducatifs, je me dis que cela prend la bonne direction. Et pourquoi pas les anciens aussi monsieur le ministre ?

Géothermie

L'Alsace a pour objectif d'atteindre les 100% d'EnRs à l'horizon 2050. C'est bien plus tôt que les objectifs fixés par la PPE nationale. Ils s'appuient pour cela beaucoup sur la géothermie. La prospection géothermique doit s'étendre au delà de l'Alsace et la Région Parisienne. Les bénéfices à en attendre sont énormes.

Stockage

Alphabet, maison mère de Google possède un laboratoire qui travaille dans différentes directions. L'une d'elles est le stockage de l'énergie et vient de donner naissance à une toute nouvelle société qui va expérimenter un système de stockage à moyen terme à l'intention des énergies renouvelables intermittentes. Et la Silicon Valley investit massivement dans cette nouvelle entité. Les GAFAM seront-ils nos sauveurs ?

Aimez, Partagez, Commentez

mardi 8 janvier 2019

News écolos N°65




News écolos N°65 (Janvier 2019)


Ce billet régulier pour objectif de partager les actualités et les informations glanées au gré de mes recherches sur la toile autour des sujets des énergies renouvelables, de l'environnement, ...

EnRs dans le monde

La Côte d'Ivoire, dont nous avons parlé il y a peu pour une centrale biomasse autour des déchets issus de la culture du cacao, est décidément bien active. En effet, une centrale solaire flottante va bientôt voir le jour. Quoi de plus logique, que de profiter de cette ressource abondante sous les tropiques ?

Le Maroc avec son gigantesque complexe Noor (Noor II et Noor III en cours de mise en service) exploite une ressource qui ne manque pas sur le continent africain. Et de nombreux pays lui emboîtent le pas. A noter que Noor, c'est très peu de photovoltaïque mais surtout du solaire thermique : le soleil chauffe un fluide qui fait tourner des turbines, et peut être aussi stocké au moyen de sels fondus. Bye bye l'intermittence...

Méthanisation

Voilà, on commence à voir les prémisses concrètes de ce qui est déjà annoncé depuis un moment. Un exemple ? Le Gers pourrait être alimenté en totalité par du biogaz (issu de la méthanisation) en remplacement complet du gaz hydrocarbure. Le potentiel d'une telle réussite est très prometteur.

Géothermie

La géothermie est propre, renouvelable, invisible, continue. Le Syndicat des Énergies Renouvelables (SER) plaide pour la mise en place de mesures visant à accélérer et démultiplier les installations géothermiques dans le pays, en rappelant que la chaleur c'est 50% de nos besoins en énergie.

Nucléaire

Enfin !!! Enfin, un article qui parle de manière (presque) complète des coûts du nucléaire. Et cela fait froid dans le dos...Nous aurions dépensé jusqu'à 2012 environ 200 milliards d'euros pour la construction des centrales nucléaires, somme qu'il faudrait doubler pour assurer leur prolongement au delà des 40 ans. Je sens que je vais avoir droit à un commentaire de mon nucléariste préféré...

Pétrole

Le Canada possède les troisièmes réserves de pétrole au monde (eh oui, c'est surprenant), le leader étant le Venezuela (oui ça aussi c'est surprenant. Et ces énormes chiffres de réserves supplémentaires viennent troubler un peu la vision sur les réserves exploitables avant que le prix du pétrole n'explose. Au Canada comme au Venezuela, les réserves sont essentiellement présentes sous forme de sables bitumeux. Outre que le fait que pour extraire le pétrole, il n'y a pas d'autres solutions que de ravager la région en question à coups de buldozers, cela coûte un bras. Sauf qu'en plus, comme le produit extrait est quand même d'une piètre qualité, le prix est bradé. On n'est pas au bout de nos surprises sur le sujet pétrolier...

Sobriété énergétique

Buvez, éliminez, construisez... Les recherches de cette équipe sud-africaine sont géniales. Ils mettent au point un procédé qui permettrait de créer des briques au moyen d'urine et de sable, et ceci à froid, juste avec une enzyme et un peu de patience. C'est génial. Une brique normale nécessite une cuisson à 1400 °. Quelle idée fabuleuse pour recycler nos déjections.   

Réchauffement climatique

Une fois n'est pas coutume, mais je vais relater ici une mauvaise nouvelle. Mais les chiffres sont indiscutables. Les émissions de CO2 augmentent encore, et encore plus vite. On attend un pic avant la baisse mais ce n'est pas encore pour 2018... Les progrès réalisés sont toujours insuffisants par rapport à la croissance des besoins...

Le permafrost (le sol gelé en permanence) pourrait fondre avec le réchauffement climatique. Il représente 25% (!!) des terres émergées. En fondant, il pourrait libérer du CO2 supplémentaire (et du méthane) nous faisant rentrer dans un cercle vicieux  infernal. Oui, on sait, vous allez me dire. Pas faux, mais l'article mis en référence met en lumière le risque de voir des virus gelés de nouveau libérés dans l'atmosphère, et ça c'est assez nouveau, avec par exemple des souches oubliées d'Anthrax. Le réchauffement climatique n'a pas encore dévoilé toutes ses (mauvaises) surprises....

Eolien

Le repowering est en passe de devenir le mot à la mode. J'en ai déjà parlé ici, mais un petit rafraichissement de mémoire n'est peut-être pas de trop. Il s'agit de prendre une ferme éolienne en fin de vie et de remplacer les anciennes turbines par de nouvelles. Dans le cas cité dans l'article, en Allemagne, le parc a ainsi triplé sa capacité de production. Donc, plus d'éolien sans nouvelle éolienne.


Aimez, Partagez, Commentez

lundi 7 janvier 2019

Principe d'innovation - arme de destruction massive du principe de précaution

A l'occasion d'un vote au parlement européen sur le programme de recherche européen, un puissant lobby l'European Risk Forum (lobby des industries à risques : chimie, industries pétrolières et encore il y a peu le tabac) a poussé pour glisser une petite phrase dans le préambule, introduisant le principe d'innovation.

Il réclame que "l'impact sur l'innovation devrait être pleinement évalué et pris en compte" à chaque nouvelle réglementation. 

D'aucuns dont je fais partie y voient un contrepoids au principe de précaution. De là à penser que l'innovation primerait sur l'intérêt collectif, on peut tout imaginer.

L'interdiction du glyphosate n'aurait-elle pas en effet un impact négatif sur l'innovation ? Oui,  certainement. Et il en est de même sur des centaines de sujets.

Vous allez me dire que je vois malice partout. Mais je ne conçois pas l'intérêt d'un concept aussi flou, si ce n'était pas pour des intérêts inavouables.

Bien entendu que l'innovation doit être prise en compte, mais JAMAIS pour faire porter un risque aux populations. Les intérêts privés doivent TOUJOURS passer après les intérêts collectifs.

vendredi 21 décembre 2018

Cours du pétrole : décryptages et prospective

Commençons par un graphique


Il représente le cours du pétrole sur les 6 derniers mois. Il connaît comme on peut le voir des fluctuations importantes, sans qu'il soit évident de comprendre pourquoi il augmente ou il baisse. Je vais donc tenter de vous donner quelques éclairages.

 0. Repères

En préambule, il me semble important d'avoir quelques repères.
Je m'appuie ici et dans tout ce post sur les chiffres et analyses du BP Statistical Review of World Energy 2018 et de l'Agence internationale de l'énergie auxquels j'ai pu piquer ici ou là quelques graphiques. Merci à eux ;-)

L'unité utilisée est le million de barils par jour (Mb/J ou Mb/d en anglais)

0.1 Production 

La production mondiale de pétrole tourne autour de 100 Mb/J. Depuis peu, les USA sont devenus les premiers producteurs mondiaux, devant l'Arabie Saoudite et la Russie (ils produisent chacun plus de 10 Mb/J et pèsent à eux trois près de 40% de la production mondiale).

Ci-dessous quelques productions nationales en 2017 en Mb/J :

USA13,04
Arabie Saoudite11,95
Russie11,25
Canada4,83
Iran4,98
Venezuela2,11
Chine3,84
OPEP39,43
Monde92,64


0.2 Réserves

Le sujet des réserves est un poil complexe et convient d'être défini en amont. On parle en effet de réserves prouvées (1P), de réserves probables (2P), de réserves possibles (3P) et de réserves ultimes (tout le pétrole sur Terre).


Seul le chiffre des réserves prouvées est publié. Il évolue cependant au gré de plusieurs paramètres : 
  • La découverte de nouveaux gisements
  • L'extraction vient mécaniquement faire baisser ce chiffre
  • Un progrès technique peut permettre d'envisager que certaines réserves dites possibles deviennent prouvées du fait de l'avancée technologique.
  • L'exploitation concrète d'un puits provoque parfois des surprises à la hausse ou à la baisse de ce qu'on pensait pouvoir exploiter
  • Enfin, mais pas des moindres, le chiffre des réserves est publié de manière déclarative par des compagnies pour l'essentiel publiques, et prennent donc en compte des considérations politiques qui faussent certainement l'objectivité des constatations. Le chiffre des réserves saoudiennes n'a par exemple pas évolué depuis plus de 20 ans !!
Alors voilà les chiffres des réserves prouvées

Production (Mb/J) 2017Réserves (Millards de barils) 2017
USA13,0450
Arabie Saoudite11,95266
Russie11,25106
Canada4,83168
Iran4,98157
Venezuela2,11303
Chine3,8425
OPEP39,431218
Monde92,641696
Première constatation, les leaders des réserves (Venezuela, Arabie Saoudite et Canada dans l'ordre pour le podium) ne sont pas fatalement ceux auxquels on s'attendait.

La deuxième, et c'est pour cela que j'ai laissé en regard les chiffres des productions, c'est qu'il y a un décalage assez flagrant entre ces deux indicateurs. On en reparle un peu plus tard.

0.3 Exploration

Le premier facteur donc qui peut influer sur le chiffre des réserves prouvées est la découverte de nouveaux gisements. Mais ce point est pour le moins décevant, on découvre moins de pétrole qu'on n'en consomme depuis le milieu des années 1980. On a touché un plus bas en 2017 (dans l'attente des chiffres de 2018) à 4 milliards de barils.

0.4 Rendement énergétique

Il s'agit du rapport entre une unité d'énergie extraite et l'énergie dépensée pour extraire cette énergie. 
Le pétrole est disponible sous différentes formes (le pétrole suit un processus long et compliqué entre la mort du plancton et le pétrole produit fini, donc tout dépend à quelle étape du processus on extrait la matière) et à différentes profondeurs (les premiers gisements étaient creusés par des puisatiers...), et dans des milieux plus ou moins hostiles (au fond des mers, dans le désert, ...). Tout ceci explique que l'énergie pour extraire un baril de pétrole peut être différente d'un gisement à un autre.

On va d'un simple coup de pioche (j’exagère à peine) en Arabie Saoudite, à un processus ultra complexe pour les sables bitumineux canadiens.
Pour ces derniers, il faut d'abord défricher le terrain, souvent une forêt au départ, ensuite le pelleter, pour obtenir un mélange de bitume et de sable. Le moyen le plus efficace qui a été trouvé pour séparer les deux c'est de le vaporiser (transformation en vapeur) en le chauffant. Enfin, parce que non ça n'est pas encore fini, il faut ajouter au résultat de l'hydrogène, via une usine implantée à côté. C'est coûteux en énergie tout cela (et je ne parle même pas des étapes suivantes : transport, raffinage, etc...)
De ce fait, nos amis canadiens estiment qu'ils n’extrairont jamais toutes leur réserves, tant dans certains cas, le fameux rendement énergétique est largement inférieur à 1.

Et c'est là que je veux en venir. Chaque extraction d'énergie, ou même synthèse artificielle de pétrole a un coût  financier qui pourrait un jour ou l'autre être réglé par une augmentation du cours du baril. Mais cette dernière ne réglera jamais un déficit énergétique...

Au fait, un champ d'extraction de sables bitumineux, ça ressemble à ça. Il faut un effort d'imagination important pour se figurer la forêt de sapins qu'il y avait là avant...


1. Alors fin du pétrole ou pas ?

Un premier calcul basique serait de diviser les réserves prouvées par la consommation annuelle pour en déduire le nombre d'années qu'il nous reste.

Réserves prouvées / Consommation annuelle = 
1696 / (0,1 *365) = 46,46 années

Donc, bonne nouvelle, il nous resterait plus de 40 ans de réserves, pas de quoi s'énerver.

Alors, en quoi ce calcul est faux ? 
  • D'abord, et surtout, il est complètement théorique. On consomme à fond pendant 46 ans et ensuite on s'arrête d'un coup ? Cela paraît peu probable.
  • Dans les 1696 milliards de barils de réserves sont inclus un bon tiers de réserves de sables bitumineux du Canada, et les fuels extra-lourds de la vallée de l'Orénoque au Venezuela, dont on estime que la plupart ont un rendement énergétique tellement défavorable qu'ils ne seront jamais extraits. Ce qui explique en partie par exemple que malgré les énormes réserves vénézuéliennes, le pays ne produit qu'un peu plus de 2 millions de barils par jour.
  • Il considère une consommation stable pendant les 40 ans à venir. Or l'AIE estime que déjà d'ici à 2023, la demande devrait augmenter de près de 7%.


Alors, ce graphique, j'ai quand même mis quelques minutes à comprendre de quoi il s'agissait, je vais vous faire gagner du temps en vous l'expliquant. Il représente année par année la demande supplémentaire attendue. Donc on constate que la demande est toujours en augmentation (sinon nous aurions des chiffres négatifs) même si l'augmentation de cette demande semble se ralentir un peu.

2. Qu'est-ce qui est donc le plus probable ?


Le plus probable, c'est que dans les années qui viennent, le cours du baril explose à la hausse rendant le pétrole inaccessible pour la plupart des usages actuels. Le fragile équilibre entre offre et demande devrait se rompre si on en croit l'AIE.

On (enfin certains) a longtemps cru qu'il y aurait un pic de la demande, c'est à dire un moment où la demande de pétrole atteindrait un maximum avant de décroître. On tablait pour ce faire sur la montée en puissance des véhicules électriques et les économies de chauffage. Mais cela devrait arriver trop  tard.

Ainsi, la bonne nouvelle, c'est qu'il devrait rester du pétrole pendant encore très, très longtemps, la mauvaise, c'est qu'il sera certainement trop cher pour alimenter les réservoirs de nos voitures.

Une autre bonne nouvelle, c'est que les émissions de CO2 devraient mécaniquement baisser.

3. Et le pétrole cher c'est pour quand ?

De très nombreuses études ont été écrites à ce sujet. Jusqu'il y a quelques années, elle divergeaient de manière impressionnante. Maintenant, elles sont toutes d'accord pour affirmer que cela se produira lors de la prochaine décennie. l'iAIE est même plus précise que cela, entre 2023 et 2025. Elle s'appuie pour cela sur d'autres indicateurs que nous allons découvrir.

4. Pourtant en 2018, il semble y avoir beaucoup de pétrole, les cours sont plutôt bas en cette fin d'année ???

Pour comprendre ce qui s'est passé cet automne sur les cours du baril, il convient de dissocier une analyse politique de l'analyse stocks.

4.1. L'analyse politique

L'administration Trump a décidé de rétablir l'embargo sur les produits pétroliers iraniens (le fameux accord sur le nucléaire dénoncé par l'homme à la mèche blonde) au début de novembre 2018. Après une période d'incertitude sur le maintien de cet embargo, les cours se sont affolés parce que 5 Mb/J étaient sortis du circuit. Oui, vous avez bien lu, tout ce tapage est dû à 5 % de la production mondiale. C'est juste que l'équilibre est rompu.
Or Trump, voyant les prix du baril monter, a octroyé des dérogations temporaires à 8 pays (Chine, Inde, Japon, Corée du Sud, Italie, ... pas que des pays mineurs donc...) ce qui a fait totalement explosé la bulle. Il est nécessaire de préciser aussi qu'il était alors en pleine campagne pour les mid-terms. Et dans ce contexte il ne pouvait pas laisser le prix à la pompe s'envoler.
Sauf que pendant ce temps-là, l'OPEP+ (entendez par là l'OPEP + la Russie) avaient tenu à montrer leur rôle de régulateurs du marché en augmentant leur production. 
Et hop, trop d'offre... le cours s'écroule à nouveau.

Côté Arabie Saoudite, ils marchent sur un fil. Ils ont intérêt à maintenir un cours bas pour que les gisements d'huiles de schiste soient peu ou pas rentables mais pas trop bas parce que leur économie est complètement sous transfusion pétrolière. A 50 $ du baril, l'Arabie Saoudite est en déficit budgétaire et aura même mangé son fonds souverain en 5 ans.

Les Russes, eux, ont deux fois plus de réserves que les USA, et même si la manne pétrolière fait une grosse différence dans le budget en fonction du prix du baril, les enjeux sont ailleurs pour eux. Il est important pour Poutine de démontrer le poids de la fédération dans le concert des nations.

4.2. L'analyse Stocks

Cette analyse est totalement déconnectée de ce qui précède. Parce que pendant certains dirigeants jouent avec les cours pour des raisons électorales ou d'image, trois phénomènes concourent à une baisse des investissements : 
  • Depuis 2014, le bas prix du pétrole ne laisse pas entrevoir une rentabilité pertinente
  • Les coûts des énergies renouvelables sont en chute libre. Cela a détourné d'importantes sommes d'argent des hydrocarbures vers le solaire ou l'éolien.
  • Green-washing ou pas, sous la pression des citoyens, certains fonds ont drastiquement baissé leurs investissements vers les sources carbonées.
Et cela peut se voir dans les chiffres :

Les sommes d'argent investies dans le pétrole (et le gaz) ont fondu de presque moitié.

5. C'est là où je voulais en venir

Ok, je vous l'accorde, l'introduction a été longue. Mais c'est bien le graphique précédent qui fait frémir les analystes de l'AIE. 
Ce que pointe l'honorable institution, c'est que tous les ans, un équivalent de production de 3 Mb/J disparaît du fait des puits qui s'assèchent. Il convient donc de les remplacer. Cela n'est pas une paille, c'est l'équivalent de la production de la Mer du Nord. Mais ça, c'est juste pour remplacer les gisements épuisés par de nouveaux, cela ne tient absolument pas compte de la nécessité d'absorber l'augmentation de la demande. 

Or le marché, on l'a vu cet automne est fébrile, d'autant qu'il se couple à des jeux politiques, stratégiques et d'influences. L'AIE prédit qu'en 2025 au plus tard, le baril du pétrole va connaître une nouvelle crise d'ampleur. 
Pfft, les USA vont produire plus de gaz (et d'huiles) de schistes et hop, il n'y a plus de problèmes, me direz-vous... Sauf que le déficit, d'ici à 2023 nécessiterait un triplement de la production d'huiles de schistes des US, pas moins, donc tout à fait impensable.

6. Quelles solutions ?

A cette question je vois plusieurs niveaux de réponses que je vais détailler : 

6.1. Premier niveau

Le premier niveau de réponse, c'est de dire qu'il n'y en a pas. On va devoir faire avec un pétrole bien moins accessible que maintenant. Notez quand même qu'à 50 $ le baril de 159 litres, c'était donné, il y a des eaux minérales plus chères que ça.

6.2. Deuxième niveau

Dans un deuxième niveau d'analyse, on peut croire que des alternatives seront bientôt disponibles. Voitures électriques, biogaz, batteries, Enr, etc. Et je suis assez d'accord. Je suis assez convaincu que des solutions qui existent déjà pour la plupart vont se généraliser, s'industrialiser, et remplacer avantageusement le pétrole. Avantageusement car enfin qui souhaiterait être dépendant pour son énergie de pays à l'autre bout du monde, gérés de manière au moins discutable ?

Je suis même convaincu que les problèmes actuels (utilisation des métaux rares, faible capacité des batteries, intermittence des EnRs, ...) trouveront des solutions qui elles aussi existent déjà au moins en laboratoire.

Oui, parce que voilà, il y a un hic. On ne sera jamais prêts à temps. Ce qui se profile, c'est que nous devrions être confrontés au problème d'ici 5 à 8 ans. c'est beaucoup trop tôt. Il nous manque entre 10 et 20 ans.

6.3. Troisième niveau

Il va nous falloir gérer une période transitoire, c'est à peu près certain. Et là, les solutions ne pourront passer que par l'intelligence collective et la coopération.
Pour le moment, personne n'imagine se passer de sa voiture, célébrée comme l'outil ultime de liberté. Cela a même été le déclencheur de la crise des gilets jaunes. Cependant, quand nous n'aurons plus le choix parce que le pétrole sera devenu trop cher pour une immense majorité de la population, alors certains râleront, mais d'autres feront face et trouveront de nouvelles idées pour contourner la difficulté. Je ne doute pas que des initiatives locales au niveau des communes, des associations, des groupes d'amis, des voisins pourront palier à ces difficultés.

Cela passera évidemment par une réduction des déplacements, une relocalisation des productions, et une quête inlassable d'économies d'énergie, mais aussi à n'en pas douter par une crise économique mondiale de grande ampleur, des migrations plus ou moins désirées, et des risques de conflits armés.

Ces constations font l'objet d'une nouvelle discipline : la collapsologie (du verbe anglais to collapse : s'effondrer) porté par un auteur qui est en tête de gondoles à la FNAC Pablo Servigne "Comment tout peut s'effondrer". Entrer dans les considérations collapsologiques serait trop long pour ce post déjà volumineux.

Cependant, c'est beaucoup moins angoissant que cela ne peut paraître au premier abord. En effet, ces réflexions misent sur un rebond de la coopération humaine, de l'entraide et la fin de l'individualisme forcené de ces dernières années. Finalement, c'est peut-être une chance pour l'humanité toute entière de se réinventer loin des excès actuels.

6.4. Quatrième niveau

J'ose espérer que nos responsables politiques sont alertés et conscients de ce qui se profile. De manière anecdotique, des décisions comme l'interdiction des voitures thermiques dans certaines villes à l'horizon 2040 me font doucement rire, parce qu'il y a fort à parier que plus personne n'aura alors les moyens de mettre de l'essence dans un quelconque réservoir.

Cependant, sans pour autant tomber dans le complotisme, je serais assez curieux de savoir ce qui se dit au plus haut niveau de l'état (des états) sur le sujet. Il n'y a aucune communication officielle. Peut-être qu'ils tablent sur le fait que ce n'est qu'une projection et qu'avant de créer la panique dans la population en étant transparent, il est important d'attendre que ces hypothèses s'affermissent ? D'autant plus que de nombreuses filières industrielles de poids sont en en jeu. Cela, c'est mon scénario optimiste, je ne vous parlerai même pas du pessimiste, il est trop déprimant.

lundi 17 décembre 2018

News écolos N°64




News écolos N°64 (Décembre 2018)


Ce billet régulier pour objectif de partager les actualités et les informations glanées au gré de mes recherches sur la toile autour des sujets des énergies renouvelables, de l'environnement, ...

Hydroélectricité

Tous les sites où l'on pouvait installer un barrage ont été aménagés en France. Cela signifie-t-il que l'hydroélectricité ne peut pas connaître encore d'évolutions ? Un contre-exemple est à Annonay. Une micro-turbine a été installée dans le réseau d'eau potable, avec un potentiel de 132 MWh. Les gisements inexploités sont encore très nombreux, comme le prouve cet exemple original.

Eolien

Quand je vois le succès de financement participatif à certains projets éoliens par les habitants, je me demande si les opposants à l'éolien ne sont pas qu'une extrême minorité qui crie juste très fort...

EnR dans le monde

Nous ne sommes qu'en 2018, mais la Suède a déjà rempli ses objectifs de production en énergie renouvelable de 2030. On ne peut malheureusement pas en dire autant de la France. Qu'est-ce qu'on attend ???


Le Niger pourrait devenir bientôt exportateur d'énergie électrique. Il lance pour cela un vaste programme de création de centrales photovoltaïques. Quelle meilleure façon d'accélérer le développement du pays ? 

Au Ghana, il semblerait que l'église catholique soit le fer de lance de l'installation de panneaux solaires. C'est à saluer, si seulement d'autres églises ailleurs dans le monde pouvaient comprendre les enjeux et que les bienfaits que peuvent en retirer les populations, elles seraient alors pleinement dans leurs rôles, plutôt que de s'occuper des sexualités des uns et des autres.

Nucléaire

Quand du combustible nucléaire est usé, avant d'imaginer en faire quoique ce soit, il faut d'abord le refroidir. Il est donc plongé dans une piscine à côté du réacteur. Ces bâtiments, outre qu'ils ne sont pas aussi bien protégés que les réacteurs pourraient bien afficher complet dans un peu plus de 10 ans, bloquant ainsi toute la production. Tout va très bien Madame la Marquise...

Efficacité / Sobriété

Alors, c'est vrai, l'article mélange sobriété et efficacité, cependant il insiste sur l'importance de ces deux aspects. Malheureusement, c'est moins visible, et donc moins encouragé, en particulier d'un point de vue politique. Ces deux axes sont pourtant les principales pistes à explorer. Comme il est rappelé, malgré le boom actuel des EnRs, elles ne participent encore que trop peu au mix énergétique mondial.

Cela ne résout pas tout mais peindre en blanc les toits avec une peinture au pouvoir réfléchissant permet durant les périodes chaudes de gagner pas mal de degrés donc d'utiliser moins de climatisation. Alors, là où un toit végétalisé ou des panneaux solaires ne sont pas possibles, cela reste une solution simplissime... 

Solaire


Le Fer pourrait remplacer les terres rares utilisées dans CERTAINS panneaux photovoltaïques. Cela signifie en creux que tous les PV n'en contiennent pas. Attention aux raccourcis. Mais cette avancée est une bonne chose et pourrait concourir à la baisse des coûts.


Aimez, Partagez, Commentez

vendredi 14 décembre 2018

News écolos N°63




News écolos N°63 (Décembre 2018)


Ce billet régulier pour objectif de partager les actualités et les informations glanées au gré de mes recherches sur la toile autour des sujets des énergies renouvelables, de l'environnement, ...

Recyclage

Les Français trient de plus en plus. Enfin une bonne nouvelle de ce côté là. Mais il est temps que cela soit plus simple, plus compréhensible. Il m'arrive en effet moi aussi d'avoir des doutes sur certains emballages. et les consignes de tri ne semblent pas être identiques sur tout le territoire. De mémoire, c'est en 2025, que tout devrait être plus limpide, de nouvelles règles de tri seront édictées et quasiment tout pourra être jeté dans la poubelle de tri : pots de yaourt, emballages souillés compris.

Solaire

Un panneau solaire imprimable sur une imprimante classique et donc très peu cher (aux environs de 10 € du m²), c'est la promesse de chercheurs australiens qui testent encore leur solution. Le prix du solaire n'a en tout état de cause pas fini de baisser, Je suis fermement convaincu qu'il arrivera un moment où cette énergie sera tellement accessible en termes de coûts qu'elle s'imposera d'elle-même, rangeant de fait, pétrole, charbon et nucléaire comme sources d'énergie au rang de bizarreries et tâtonnements de l'histoire. Ne plus être dépendants de pays extérieurs pour son alimentation en énergie, cela ouvre de nouvelles perspectives, d'un point de vue économique aussi, d'ailleurs.

Hydrolien

L'hydrolienne Sabella a de nouveau été immergée dans le courant dit de Fromveur, pas bien loin d'Ouessant. Elle fournit déjà 15% de l'électricité nécessaire à l’île. Comme le reprécise efficacement l'article, nos îles ne sont pas toutes, loin s'en faut reliées au réseau national. Alors, pour le moment, ce sont des groupes électrogènes qui alimentent principalement ces sites isolés. Il est grand temps que cela change.

Stockage

Les analystes prévoient une chute vertigineuse et rapide du coût des batteries, et ainsi une généralisation tout aussi rapide.

ENR

Cet article reprend une analyse de l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) qui note une forte poussée de la puissance installée  des énergies renouvelables mais qui pointe aussi le besoin que la biomasse prenne toute sa place dans la production d'électricité (à condition d'être utilisée de manière raisonnée bien sûr). J'ai remarqué aussi que la production mondiale d'électricité mondiale est de 25 000 TWh, la France compte pour un cinquantième de celle-ci, quand nous représentons un centième de la population mondiale.

Biomasse / Méthanisation

Nous avons tous vu ces images de décharges géantes en plein air d'Afrique ou d'Asie, où des forçats des déchets trient ce qu'ils peuvent récupérer. Cela fera peut-être bientôt partie de l'histoire. L'Ethiopie donne l'exemple, et installe une centrale à biomasse près d'une de ces décharges géantes pour traiter les déchets et produire de l'énergie (1 centrale équivaudrait aux besoins de 30% des ménages de la capitale !)


De l'hydrogène produit à partir de la biomasse, c'est une nouvelle technologie développée en France et actuellement en démonstration. Ah oui, j'oubliais, cette technologie permettrait d'obtenir un hydrogène 60 % moins cher...

Les projets de méthaniseurs se multiplient un peu partout sur le territoire. Ils fournissent un débouché à ce qui était jusqu'alors considéré comme des déchets. De la chaleur, du gaz et, ou de l'électricité, un complément de revenus à certains agriculteurs et enfin un engrais non chimique de haute qualité. J'en arrive presque à me demander pourquoi cela n'est pas encore généralisé.

Une centrale au charbon est en cours de conversion pour fonctionner bientôt à la biomasse. Une sorte de recyclage finalement d'une centrale énergétique, intelligent et pertinent.

On parle énormément ces jours-ci de la pollution non taxée des transports maritimes. Cela reste vrai, mais elle ne ménage pas non plus ses efforts pour être moins dépendante du mazout. En Norvège, ils expérimentent la propulsion à base de biogaz produit à partir de déchets de poissons et de bois. Une énergie donc renouvelable.

Aimez, Partagez, Commentez

News écolos N°80

News écolos N°80  (Juin 2019) Ce billet  régulier  a  pour  objectif de partager les actualités et les informations glanées a...