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lundi 15 janvier 2018

Effet de serre

Aujourd'hui, j'ai décidé de parler de l'effet de serre. Il existe ? Il n'existe pas ? On entend un peu tout et n'importe quoi alors il m'a semblé opportun de faire un état des lieux un poil factuel.

Effet de serre

La présence de vie sur Terre est liée à la présence d'eau à l'état liquide. C'est un des critères que les astronomes utilisent pour déterminer si une planète pourrait être habitable ou habitée : la présence d'un fluide à l'état liquide.

Sur Terre, cela est possible car la température moyenne tourne autour des 15°C. Toutefois, la distance de la Terre au Soleil prédispose notre planète à avoir une température moyenne de -18°C. La différence, les 33° C en plus sont directement liés à notre atmosphère et donc à l'effet de serre.

Celui-ci permet qu'une partie des rayonnements solaires qui ont rebondi sur la surface soient à nouveau renvoyés vers le sol, et ainsi qu'une partie de la chaleur soit conservée.

L'effet de serre non seulement existe mais est une condition sine qua none de l'apparition et du maintien de la vie sur notre planète.

Une mécanique encore bien mal comprise

L'effet de serre est lié à des molécules qui comportent au moins 3 atomes, ainsi l'oxygène (O2) et l'azote (N2), qui sont les principaux composants de l'air ne peuvent pas être mis en cause.

D'après le GIEC, le rôle des principaux gaz à effet de serre est le suivant :
Vapeur d'eau  : 60%
Dioxyde de carbone : 26%
Ozone : 8%
Méthane et oxydes nitreux : 6%

Mais je suis vraiment perplexe sur ces chiffres. En effet, la mécanique atmosphérique est encore bien mal comprise. Ainsi, il est quasiment impossible de calculer ni même d'avoir une estimation de la quantité de vapeur d'eau à un instant t dans l’atmosphère, le cycle de l'eau est bien trop rapide pour cela (au moins dans l'atmosphère). Le rôle des nuages est lui aussi assez (très) mal compris. Plus de nuages = moins de soleil = refroidissement. Mais à l'inverse, si on a plus de réchauffement, on a plus d'évaporation, donc plus de vapeur d'eau, donc plus d'effet de serre, c'est ce qu'on appelle l'effet de rétroaction positive. La nébulosité est même tellement mal interprétée qu'elle est le plus souvent écartée des modèles mathématiques d'évolutions du climat.

Donc, bon, sur ces seuls chiffres, le doute semble permis, et certains n'hésitent pas à s'y engouffrer pour remettre en cause l'influence humaine du réchauffement climatique. 

Et pourtant

Alors attachons nous à ce que l'on sait vraiment ou bien à ce que l'on peut comprendre aisément. La bonne vieille méthode aristotélicienne, y a rien de tel.

Ce que je comprends, c'est que la machine atmosphérique est en équilibre permanent. Or l'activité humaine a brisé l'équilibre par une augmentation notoire de la concentration de CO2 (280 partie par million avant l'ère industrielle contre aux alentours de 400 actuellement) et le méthane a lui plus que doublé (en 2016, environ 1800 partie par milliard). Par ailleurs, on constate une augmentation des températures dont les courbes suivent en tendance très exactement ces augmentations. Enfin, il n'y a aucune autre explication plausible : l'activité solaire par ses cycles semble décorrélée des constats faits autour de la température, l'oscillation de la Terre sur son axe ne semble pas non plus être une cause candidate.
Certes, la Terre a connu des périodes de glaciations et de réchauffements auparavant dans l'histoire, on a toujours réussi à lier ces événements à un fait astronomique, pas pour ce qui nous concerne aujourd'hui.

Le climat change : nous le constatons tous les jours

Trump, lors de la dernière vague de froid qui s'est abattue sur les Etats Unis il y a quelques semaines en a profité pour remettre en question le réchauffement climatique. Bien entendu, il s'est fait reprendre de volée par plusieurs experts. Météo et climat sont deux choses différentes. Un climat méditerranéen n'exclut pas des chutes de neige de temps à autre, pour prendre un exemple éclairant cette différence.
Des vagues de chaleur exceptionnelles, une érosion du trait de côtes particulièrement visible sur notre façade atlantique, des événements climatiques extrêmes et de plus en plus fréquents, un recul de quasiment la totalité des 300 glaciers alpins, des truffes trouvées dans le sud de l'Angleterre et je ne parle même pas de la banquise... Le réchauffement climatique est un fait qui s'impose à nous. Seule une certaine tranche (pas une dose, mais une vraie tranche) de mauvaise foi permet d'en douter. 

L'être humain n'en serait pas responsable ?

Un de nos anciens dirigeants politiques prétendait qu'il fallait beaucoup d'arrogance pour croire que l'humanité était capable de modifier le climat. Je crois au contraire qu'il faut beaucoup d'arrogance pour détourner le regard et prétendre que ce n'est pas de notre fait.
De tous les indicateurs qui ont pu changé durant ces deux derniers siècles, seule la modification de la composition de l'atmosphère est candidate pour expliquer le réchauffement global. Or nous savons pertinemment à quoi celle-ci est due : extraction en masse d'hydrocarbures, industrialisation de l'agriculture, modes d'alimentation et déforestations.
On peut faire preuve d'aveuglement mais, quand bien même le lien de cause à effets n'est pas formellement prouvé, le faisceau d'indices devient bien conséquent. A tel point qu'il devient une évidence à tous, ou presque.

Partie par million / Par milliards : Pffuit, les chiffres sont trop faibles pour expliquer quoique ce soit ?

Le CO2 et le méthane seraient en trop faible concentration pour expliquer quoique ce soit ?
Je vais prendre une analogie pour rejeter cet argument.
En 1991, le Pinatubo, volcan philippin explose et envoie 10 km cubes de matériaux dans l'atmosphère (peu ou prou). Il a été prouvé que à la suite de cette éruption, la température moyenne de l'atmosphère a baissé d'environ 0,6° pendant 2 à 3 ans.
Alors, il est probable que quelques centaines de parties par millions dans l'atmosphère, cela fait plusieurs centaines de km cubes, donc bien plus que ce le Pinatubo a pu rejeter il y a presque 30 ans.

C'est la faute aux lobbys environnementaux ?

Je crois que c'est l'argument qui me laisse le plus pantois. Je suis convaincu de l'existence de ces lobbys, mais supposer que ceux-ci soient plus puissants que ceux représentants les intérêts pétroliers me paraît tout à fait risible et ridicule.

La Terre va s'en remettre, elle en a vu d'autres

La machine Terre, la nature ont leurs propres mécanismes de stabilisation. Je ne doute absolument pas qu'à terme (quelques milliers d'années), la crise que nous traversons aura été effacée, telle une péripétie. L'humanité, elle, ne s'en sortira pas sans dommages importants. Notre civilisation a tout au plus 10 000 ans, nous sommes un épiphénomène dans l'histoire de cette planète. Elle a vécu avant nous et vivra après nous. Cependant, ce qui se passe actuellement a de quoi bouleverser les équilibres en place au niveau de la place que l'homme a pris. 
Je ne prendrai qu'un exemple. L’administration qui gère la commune de Miami est prise au dépourvu par la montée des eaux et dégage chaque année un budget colossal pour rehausser les routes et les trottoirs.  L'objectif est de tout remonter d'au moins un mètre. Un pansement sur une jambe de bois ? Oui cela y ressemble fort.

A l'échelle de temps géologique, il est bien évident que les réserves de pétrole et de gaz vont se renouveler, qu'un équilibre climatique se réinstallera. Mais nous créons une instabilité, et l'humanité va en payer le prix, le temps de revenir à une situation apaisée. Et dans l'intervalle, tout est imaginable : catastrophes naturelles, conflits, ... Je ne parviens pas à concevoir qu'une seule personne sur Terre puisse être complètement à l'abri des répercussions de ce qui va suivre, mais je crains aussi que les plus pauvres soient les plus durement touchés.

News écolos N°55

News écolos N°55 (juillet 2018) Ce billet régulier a pour objectif de partager les actualités et les informations gla...